À Lyon, la fascinante Égypte dévoilée par Monsieur Guimet

Cet article a été généré par intelligence artificielle et publié sans révision humaine approfondie.

En bref

  • Émile Guimet (1836-1918), industriel lyonnais, commença à collectionner les antiquités égyptiennes après un séjour décisif en Égypte en 1865.
  • Son intérêt pour l’archéologie et l’histoire des religions orientales conduisit à la fondation d’un musée à Lyon, puis à Paris.
  • L’exposition « L’Égypte de Monsieur Guimet », présentée au musée des Beaux-Arts de Lyon avec le musée du Louvre, réunissait 350 objets conservés à Lyon et à Paris.
  • Momies, stèles, amulettes et objets quotidiens restituent une civilisation égyptienne regardée, collectionnée et parfois reconstruite par les savants du XIXe siècle.
  • Ce dossier lyonnais rappelle que les collections de Monsieur Guimet ne se réduisent pas aux arts asiatiques : elles racontent aussi une histoire locale de la curiosité savante.

À Lyon, l’Égypte de Monsieur Guimet commence par une chambre encombrée

Dans une chambre d’hôtel égyptienne, vers 1865, Émile Guimet avançait difficilement jusqu’à son lit. Deux momies achetées au cours de son séjour encombraient déjà le sol. L’industriel lyonnais, alors âgé de vingt-neuf ans, en tira une phrase restée célèbre : « Un jour j’achetai une momie : quelle joie ! Puis une autre. Pour gagner mon lit j’étais obligé d’enjamber les cadavres. Je changeai de chambre. »

Le trait a quelque chose de saisissant, avec son mélange de curiosité vorace et de légèreté bourgeoise. Il éclaire surtout la naissance d’une passion qui allait orienter une part entière de la vie d’Émile Guimet. Le nom évoque aujourd’hui le musée national des arts asiatiques de Paris, mais l’Égypte fut son premier terrain de révélation, bien avant que les collections japonaises, chinoises ou indiennes ne fixent durablement sa réputation.

En 1865, l’Égypte attirait une Europe avide d’images et de preuves matérielles. Le canal de Suez était encore en chantier — son inauguration par Ismaïl Pacha eut lieu le 17 novembre 1869 — et les voyages restaient longs, coûteux, organisés autour des ports, du Nil et des grandes étapes consulaires. Pourtant, le pays était déjà traversé par un commerce intense d’antiquités. Des objets sortaient des tombes, des temples et des marchés locaux pour gagner les vitrines de Paris, Londres, Turin ou Lyon.

Émile Guimet découvrit au Caire le musée de Boulaq, ouvert en 1863 à l’initiative d’Auguste Mariette (1821-1881). Installé au bord du Nil, cet établissement préfigurait le futur Musée égyptien du Caire. Pour un collectionneur en formation, la rencontre comptait davantage qu’une simple visite : elle donnait à voir des objets inscrits dans une chronologie, identifiés, comparés, étudiés. L’antiquité cessait d’être un décor de cabinet pour devenir le matériau concret d’une histoire ancienne.

La vocation de Guimet ne fut donc pas celle d’un amateur isolé, accumulant des curiosités pour leur étrangeté. Son projet se formait au croisement de la collection, de l’étude des religions et de la pédagogie publique. Sa manufacture familiale de produits chimiques, à Fleurieu-sur-Saône, lui assurait les moyens financiers nécessaires. Il employait cette fortune industrielle à acquérir des artefacts, à voyager et à constituer un réseau de savants.

La situation lyonnaise donne à cette aventure une couleur particulière. Lyon n’était pas alors une capitale de l’égyptologie comparable à Paris, mais elle disposait de riches sociétés savantes, d’un muséum actif et d’une bourgeoisie manufacturière habituée aux circulations internationales. Entre les soieries, les échanges commerciaux et les collections scientifiques, la ville savait accueillir les objets venus de loin sans les réduire à de simples ornements.

Le récit de Monsieur Guimet demeure toutefois inséparable d’un contexte que le regard contemporain doit examiner avec précision. Au XIXe siècle, l’achat d’antiquités, les prélèvements et la dispersion des ensembles funéraires répondaient à des règles très éloignées de celles qui régissent aujourd’hui les fouilles et les collections publiques. L’archéologie moderne exige désormais la documentation du contexte de découverte : la position d’un objet dans une tombe ou dans un habitat informe souvent davantage que l’objet seul.

Cette distance historique ne diminue pas l’intérêt des collections ; elle en modifie la lecture. Une amulette en faïence bleue, une stèle ou un fragment de sarcophage portent deux histoires superposées : celle de leur usage dans l’Égypte ancienne et celle de leur arrivée dans les musées européens. C’est précisément ce dédoublement que l’exposition lyonnaise permettait de rendre visible.

À travers Monsieur Guimet, Lyon ne regardait donc pas seulement les pharaons. Elle observait aussi la manière dont un industriel du XIXe siècle cherchait, dans les objets, une méthode pour comprendre les religions et les sociétés humaines.

Stèle aux hiéroglyphes et vase antique dans une vitrine éclairée
Illustration générée par intelligence artificielle.

Émile Guimet et l’archéologie égyptienne : du collectionneur au mécène savant

Émile Guimet ne s’était pas contenté de rapporter quelques souvenirs du Nil. Après 1865, il multiplia les acquisitions et se rapprocha des spécialistes qui structuraient alors l’égyptologie française. Cette discipline, encore jeune, s’était imposée après le déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François Champollion en 1822 et prenait, dans les années 1870, une forme plus institutionnelle.

Les objets égyptiens entraient chez Guimet par des voies diverses : achats auprès d’antiquaires, ventes parisiennes, intermédiaires établis en Égypte, mais aussi liens avec des missions de fouilles. Cette circulation appelle aujourd’hui une vigilance sur la provenance de chaque pièce. Elle correspondait pourtant aux usages d’un temps où les législations patrimoniales égyptiennes étaient inégalement appliquées et où les institutions européennes se constituaient à grande vitesse.

Antinoé tient une place importante dans cette histoire. La ville avait été fondée en 130 après J.-C. par l’empereur Hadrien, en mémoire de son favori Antinoüs, mort dans le Nil. Située en Moyenne-Égypte, elle livra à la fin du XIXe siècle une nécropole particulièrement riche, où les pratiques funéraires mêlaient traditions pharaoniques, culture gréco-romaine et christianisme naissant.

Albert Gayet (1856-1916), archéologue et conservateur, mena à Antinoé plusieurs campagnes entre 1896 et 1911. Émile Guimet soutint ces recherches et accueillit dans ses collections une partie des découvertes attribuées à ces fouilles. Tissus, portraits funéraires, objets de toilette, figurines et éléments de mobilier composèrent alors un ensemble précieux pour l’étude de l’Égypte tardive.

Le mot « fouille » recouvrait cependant des réalités très différentes de celles de 2026. Les méthodes d’Albert Gayet étaient marquées par une recherche d’objets et de textiles susceptibles d’être exposés. L’enregistrement stratigraphique — l’étude méthodique des couches de terrain successives — n’avait pas encore acquis la rigueur qui permet aujourd’hui de reconstituer une séquence d’occupation. Cette limite n’annule pas ses découvertes, mais elle explique les précautions prises par les conservateurs contemporains.

La collection Guimet se distinguait aussi par l’ampleur de ses curiosités religieuses. Émile Guimet voulait comparer les cultes, les rites et les formes matérielles de la dévotion. Dans cette perspective, l’Égypte ancienne n’était pas réduite à ses monuments royaux. Les dieux protecteurs, les figurines déposées dans les tombes, les inscriptions funéraires et les objets du quotidien devenaient les indices d’une culture vécue.

Des artefacts qui renseignent les gestes et les croyances

Les artefacts égyptiens ne parlent jamais seuls. Un oushebti, petite figurine funéraire destinée à accomplir les travaux demandés au défunt dans l’au-delà, renvoie à un texte rituel précis. Une amulette figurant Bès ou Thouéris évoque la protection du foyer, de l’enfance et de la maternité. Une stèle, elle, pouvait fixer le nom du mort et organiser l’adresse aux dieux.

Les objets les plus modestes sont souvent les plus éloquents. Un peigne en bois, une cuillère à fard, un fragment de tissu ou une lampe attestent des usages ordinaires. Ils déplacent le regard loin des seules pyramides et des grandes figures royales. Pour prolonger cette attention aux contextes et aux méthodes, le dossier consacré aux découvertes archéologiques majeures rappelle combien la provenance transforme la compréhension d’une pièce.

Type d’objet Usage dans la civilisation égyptienne Ce qu’il permet d’étudier
Oushebti Figurine funéraire placée auprès du défunt Les croyances liées à l’au-delà et les formules rituelles
Stèle Support d’offrande, de prière ou de commémoration Les noms, titres, filiations et cultes locaux
Amulette Objet protecteur porté ou déposé dans une tombe Les divinités tutélaires et les pratiques domestiques
Textile d’Antinoé Vêtement ou élément d’ameublement funéraire Les techniques de tissage et les échanges méditerranéens

Cette collection relevait donc d’un double mouvement : la passion personnelle d’un Lyonnais et le désir, très XIXe siècle, d’ordonner le monde par le musée. L’enjeu suivant consistait à donner à ce projet un lieu durable.

Le musée Guimet de Lyon : une ambition publique née en 1879

Le 1er octobre 1879, Lyon inaugurait le premier musée Guimet. La bâtisse avait été conçue pour accueillir les collections d’Émile Guimet et pour rendre lisible son projet : étudier les religions à travers leurs objets, leurs images et leurs rites. Le geste était considérable. Plutôt que de conserver ses acquisitions dans une demeure privée, l’industriel les plaçait sous le regard du public.

Le musée lyonnais ne procédait pas d’une fascination décorative pour l’Orient. Émile Guimet y organisait un véritable programme comparatif. Les salles rapprochaient les traditions de l’Égypte, de l’Inde, de la Chine, du Japon et du monde méditerranéen. Une telle juxtaposition serait aujourd’hui discutée, car elle peut aplanir les singularités historiques. En 1879, elle affirmait une ambition savante rare : comprendre les religions dans leur diversité matérielle.

Georges Perrot (1832-1914), archéologue et professeur d’histoire de l’art, comptait parmi les interlocuteurs de Guimet. Les milieux érudits parisiens et lyonnais se croisaient alors dans les académies, les musées et les publications illustrées. Les vitrines devenaient des instruments de démonstration, conçus pour instruire autant que pour étonner.

La trajectoire des collections fut bientôt déplacée vers Paris. En 1889, à l’occasion de l’Exposition universelle, Émile Guimet fit édifier un nouveau musée place d’Iéna, selon les plans de l’architecte Charles-Édouard Bérard. Le musée Guimet parisien ouvrit en 1889 et concentra progressivement les ensembles asiatiques. Les antiques égyptiennes connurent, elles aussi, des redistributions entre institutions.

En 1913, la ville de Lyon installa un second musée Guimet dans le cadre du muséum d’histoire naturelle. Édouard Herriot (1872-1957), maire de Lyon, sollicita l’industriel afin qu’une part de ses collections retrouve la ville. Cette décision explique les itinéraires parfois complexes des pièces visibles aujourd’hui au musée des Beaux-Arts de Lyon ou conservées au Louvre.

Le parcours institutionnel importe, car il corrige une idée reçue. Les collections ne sont jamais immobiles. Elles passent d’un appartement à une vitrine, d’une fondation privée à un musée municipal, d’un inventaire ancien à une base de données actualisée. Chaque déplacement oblige à réexaminer les attributions, l’état matériel, les numéros d’entrée et, lorsque la documentation le permet, le contexte archéologique.

Une collection lyonnaise dans le paysage des musées d’Égypte

Lyon ne prétendait pas rivaliser avec Le Caire, Londres ou Turin par la quantité. Sa force tient à l’histoire de sa formation. Les œuvres égyptiennes liées à Guimet racontent un regard de collectionneur, les réseaux scientifiques de la France républicaine et une volonté municipale de diffuser la connaissance.

Le rapprochement avec Turin est éclairant. Le Museo Egizio conserve l’un des grands ensembles européens d’antiquités du Nil, constitué notamment autour des acquisitions de Bernardino Drovetti au début du XIXe siècle. La comparaison proposée dans cette page sur le musée égyptien de Turin permet de mesurer la différence entre une collection encyclopédique et le fonds plus composite né de l’initiative de Monsieur Guimet.

À Lyon, le musée ne fut jamais un simple écrin. Il fut un laboratoire de classement, de transmission et de débat. Cette vocation publique, née en 1879, éclaire la réunion beaucoup plus récente des objets dispersés entre Lyon et Paris.

L’exposition « L’Égypte de Monsieur Guimet » au musée des Beaux-Arts de Lyon

Dans les salles du musée des Beaux-Arts de Lyon, la lumière contrôlée des vitrines faisait ressortir le bleu dense des faïences, le grain pâle du calcaire et les bruns patinés du bois peint. L’exposition « L’Égypte de Monsieur Guimet » réunissait 350 objets issus des collections lyonnaises et parisiennes. Elle avait reçu le label d’exposition d’intérêt national du ministère de la Culture.

Présentée du 30 septembre 2021 au 23 janvier 2022, cette manifestation associait le musée des Beaux-Arts de Lyon et le musée du Louvre. Le partenariat avait une logique presque matérielle : les deux institutions conservent aujourd’hui des antiques issus, directement ou indirectement, des musées fondés par Émile Guimet. Réunir les œuvres ne signifiait pas seulement augmenter leur nombre ; cela permettait de reconstituer une intention de collection.

Le propos ne se limitait pas à l’Égypte des pharaons. Les commissaires montraient une longue durée, depuis les périodes pharaoniques jusqu’aux époques grecque, romaine et copte. Cette amplitude est essentielle. La civilisation égyptienne ne s’est pas arrêtée avec les derniers souverains indigènes : elle s’est transformée au contact du monde hellénistique, de Rome et du christianisme.

Les visiteurs pouvaient ainsi passer d’une statue divine à un portrait funéraire, d’un objet de tombe à un textile. Les portraits du Fayoum, peints sur bois entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C., font notamment apparaître des visages aux grands yeux sombres, exécutés selon une technique souvent proche de l’encaustique, c’est-à-dire une peinture mêlant les pigments à la cire chaude. Leur présence trouble les catégories simples : égyptiens par leur contexte funéraire, gréco-romains par leurs codes visuels, ils appartiennent à plusieurs héritages à la fois.

L’exposition donnait également une place utile à Émile Guimet lui-même. Ses carnets, ses choix d’acquisition et ses relations avec les archéologues éclairaient la constitution des ensembles. Il ne s’agissait pas de célébrer sans nuance le collectionneur, mais de le replacer dans les pratiques de son siècle. Pourquoi achetait-on des momies ? Comment classait-on les dieux ? Quels objets jugeait-on dignes d’être montrés au public ?

Cette méthode rendait au musée son épaisseur historique. Une vitrine n’est jamais neutre : elle produit un récit. En 1879, Guimet organisait les objets selon une ambition comparative sur les religions. En 2021, le musée des Beaux-Arts de Lyon les replaçait aussi dans l’histoire de leur collecte, de leur dispersion et de leur étude.

Ce que la réunion des collections a permis de restituer

Le mot restituer convient ici dans son sens muséographique : rendre intelligible un ensemble séparé par les aléas institutionnels. Les œuvres du Louvre et celles de Lyon ne retrouvaient pas une disposition exacte, car les scénographies du XIXe siècle ne sauraient être reproduites sans recul critique. Elles retrouvaient en revanche un horizon commun, celui du projet intellectuel d’Émile Guimet.

Cette opération rejoint les préoccupations actuelles des musées. En 2026, les institutions poursuivent l’examen des provenances, révisent les notices et numérisent les archives de collection. Pour les objets égyptiens, la qualité d’une présentation repose moins sur l’accumulation que sur la précision des informations : date, matériau, lieu de découverte lorsqu’il est établi, parcours de l’objet, fonction supposée et limites de l’attribution.

La leçon est concrète. Une statuette sans contexte peut séduire par sa silhouette, mais une statuette associée à une tombe, à une inscription ou à un dossier de fouille devient un document. L’exposition lyonnaise insistait ainsi sur la valeur du travail collectif entre conservateurs, restaurateurs, archéologues et historiens.

Dans les vitrines, le visage peint d’un défunt d’Antinoé ou le reflet mat d’une perle de faïence rappelaient alors que les collections Guimet n’avaient pas été rassemblées pour demeurer muettes. Elles demandaient à être relues.

Pourquoi l’Égypte de Monsieur Guimet compte encore pour Lyon en 2026

L’histoire d’Émile Guimet ouvre une question qui dépasse sa personne : que fait une ville lorsqu’elle hérite d’une collection constituée selon les goûts, les savoirs et les moyens d’un autre siècle ? Lyon y répond par la recherche, par les expositions temporaires et par le dialogue entre ses institutions. Le musée des Beaux-Arts, le musée des Tissus et des Arts décoratifs, les bibliothèques et les universités forment un paysage où les collections peuvent être croisées plutôt qu’isolées.

La comparaison avec les arts textiles est particulièrement féconde. Les étoffes coptes issues d’Antinoé, avec leurs laines colorées et leurs motifs tissés, parlent autant de technique que de croyance. Elles peuvent être rapprochées des collections présentées dans le dossier consacré au musée des Tissus de Lyon, sans jamais confondre les périodes ni les usages. Dans les deux cas, le textile conserve la trace d’un geste, d’un métier et d’une économie.

Émile Guimet appartenait à une famille d’industriels de la région lyonnaise. Ce fait n’est pas anecdotique. Le développement des collections privées au XIXe siècle fut souvent lié aux fortunes issues de l’industrie, du négoce et de la banque. Ces collectionneurs commandaient des catalogues, finançaient parfois des recherches et ouvraient leurs ensembles au public. Leur générosité produisait des musées, mais elle s’inscrivait aussi dans une société inégalitaire et dans un marché mondial dominé par l’Europe.

Lire Guimet avec justesse consiste à maintenir ces deux réalités ensemble. Il fut un mécène important, capable de donner une forme publique à ses intérêts savants. Il fut également un homme de son temps, engagé dans une circulation des antiquités dont les conséquences sont désormais interrogées avec davantage de méthode.

  • Identifier la provenance : un cartel précis indique ce qui est connu du lieu de découverte et du parcours de l’objet.
  • Observer les matériaux : pierre, bois, bronze, lin ou faïence n’impliquent ni les mêmes usages ni les mêmes conditions de conservation.
  • Distinguer l’objet du récit muséal : une pièce antique et sa présentation de 1879 appartiennent à deux temporalités différentes.
  • Privilégier les ensembles documentés : une tombe, une fouille ou une archive de collection donnent aux œuvres une densité historique supplémentaire.

La fortune du sujet tient aussi à sa capacité de rapprocher l’histoire ancienne des débats patrimoniaux les plus concrets. Les pyramides, par exemple, fascinent parce qu’elles sont devenues des emblèmes mondiaux. Mais les comprendre suppose de revenir aux chantiers, aux matériaux et aux communautés de travailleurs, comme le montre cette enquête sur la construction des pyramides d’Égypte. Les objets de Guimet invitent au même déplacement : derrière l’image glorieuse du pharaon, ils font apparaître des artisans, des familles, des prêtres et des morts anonymes.

À Lyon, cette Égypte demeure ainsi liée à une géographie précise. Elle commence dans les souvenirs d’un industriel de Fleurieu-sur-Saône, se prolonge dans les salles d’un musée ouvert en 1879, puis se disperse entre plusieurs institutions avant d’être réunie le temps d’une exposition. Son histoire ne se ferme pas dans une vitrine : elle se poursuit dans les inventaires, les restaurations et les recherches de provenance.

Au terme du parcours, un détail suffit à ramener Monsieur Guimet à sa première impulsion : dans le silence d’une salle lyonnaise, la surface bleutée d’une petite amulette conserve encore l’éclat minéral qui avait attiré, en 1865, le regard d’un voyageur de vingt-neuf ans.

Qui était Émile Guimet ?

Émile Guimet (1836-1918) était un industriel lyonnais, collectionneur et mécène. Il fonda un premier musée à Lyon en 1879, puis le musée Guimet de Paris en 1889, afin de présenter ses collections consacrées aux religions et aux cultures d’Asie et d’Égypte.

Pourquoi Émile Guimet collectionnait-il des objets égyptiens ?

Son séjour en Égypte en 1865 fut déterminant. La découverte du musée de Boulaq et son intérêt pour l’histoire des religions l’amenèrent à réunir momies, stèles, amulettes, textiles et objets funéraires, qu’il considérait comme des documents sur les croyances et les usages anciens.

Qu’était l’exposition « L’Égypte de Monsieur Guimet » à Lyon ?

Présentée au musée des Beaux-Arts de Lyon du 30 septembre 2021 au 23 janvier 2022, l’exposition rassemblait 350 œuvres provenant notamment des collections lyonnaises et du musée du Louvre. Elle étudiait les antiquités égyptiennes liées au parcours d’Émile Guimet.

Où sont conservées les collections égyptiennes de Guimet aujourd’hui ?

Les objets provenant des anciens musées Guimet sont aujourd’hui répartis entre plusieurs institutions, en particulier le musée des Beaux-Arts de Lyon et le musée du Louvre. Le musée national des arts asiatiques – Guimet, à Paris, demeure quant à lui principalement consacré aux arts de l’Asie.

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