Bjarke Ingels : quand l’architecture s’invite sur grand écran

Cet article a été généré par intelligence artificielle et publié sans révision humaine approfondie.

En bref

  • Bjarke Ingels, né à Copenhague en 1974, a fait de la narration visuelle un instrument de conception aussi important que le plan ou la maquette.
  • Le film documentaire Big Time, réalisé par Kaspar Astrup Schröder et diffusé en France le 2 mai 2018, suit sept années de développement de l’agence BIG, entre 2009 et 2016.
  • De Copenhague à New York, ses ouvrages associent logement collectif, loisirs, sobriété énergétique et réflexion sur l’urbanisme.
  • Le film montre aussi le revers matériel des grands projets : concours, délais, exposition médiatique et fragilité physique de l’architecte.
  • En 2026, le parcours de BIG permet de mesurer comment le cinéma a contribué à faire de l’architecture contemporaine un récit accessible au grand public.

Bjarke Ingels et le cinéma : une silhouette dans les bureaux de BIG

Une table encombrée de cartons à dessins, des écrans allumés tard dans la nuit, une maquette blanche que des mains déplacent de quelques centimètres : les premières images de Big Time installent Bjarke Ingels au milieu de son agence plutôt que sur le socle d’un portrait officiel. Kaspar Astrup Schröder filme un homme de trente-cinq ans passés, veste sombre et parole rapide, qui passe d’une réunion à une esquisse sans que le rythme ne ralentisse vraiment.

Sorti au Danemark en 2017 puis en France le 2 mai 2018, ce film documentaire ne se contente pas de suivre la célébrité montante d’un concepteur danois. Il restitue la période 2009-2016, lorsque Bjarke Ingels Group, plus couramment appelé BIG, change d’échelle. Les bureaux de Copenhague, puis ceux de New York, deviennent les lieux concrets d’une ambition internationale, avec leurs conversations téléphoniques, leurs présentations de concours et leurs silences plus lourds.

Le titre joue sur le nom de l’agence, mais aussi sur la démesure des programmes abordés. Le cinéma rend sensible ce que les photographies de revues spécialisées dissimulent souvent : la lenteur d’une décision, la fatigue d’un déplacement, le froissement d’une chemise pendant une négociation. Dans le film de Schröder, la création n’apparaît pas comme une illumination isolée. Elle procède d’une succession de contraintes, de dessins révisés et de discussions avec des ingénieurs, des commanditaires et des équipes municipales.

Un portrait filmé plutôt qu’une célébration

Kaspar Astrup Schröder connaissait déjà Bjarke Ingels avant le tournage de Big Time. Cette proximité explique la liberté d’accès aux réunions internes et aux moments de doute. La caméra accompagne notamment l’architecte lorsque des problèmes de santé viennent interrompre l’élan professionnel. Le film évite pourtant l’effet de confession : il observe une cadence de travail et ses conséquences, sans transformer la difficulté en décor dramatique.

Le cinéma introduit ici une échelle humaine dans des projets qui, par nature, dépassent souvent l’individu. Le Two World Trade Center, envisagé à Manhattan comme l’une des tours du nouveau complexe reconstruit après les attentats du 11 septembre 2001, pèse bien davantage qu’un chantier ordinaire. BIG dévoila en 2015 une proposition de tour en gradins, pensée pour accueillir des plateaux de médias et des jardins en terrasses. En 2026, cette tour n’est toujours pas réalisée ; le projet demeure tributaire des conditions économiques et des décisions du promoteur Larry Silverstein. Cette absence physique donne au film une tonalité particulière : l’ouvrage le plus commenté du récit reste, pour l’heure, un dessin et une attente.

Le Wall Street Journal qualifiait Bjarke Ingels de l’un des noms majeurs de sa génération. Cette formule médiatique n’épuise pas le sujet. Ce qui retient dans Big Time, c’est moins la figure de l’architecte-star que la manière dont il emploie l’image pour rendre un problème lisible. Une rampe devient une piste de ski, une cour un paysage montagneux, une centrale énergétique un lieu public. Le geste se raconte facilement parce qu’il repose sur une idée visible.

Le film place donc le spectateur face à une question concrète : comment une profession faite de règlements, de budgets et de matériaux peut-elle devenir un récit partagé ? Chez Bjarke Ingels, la réponse passe par le dessin, la parole et le montage. Le grand écran ne remplace pas l’expérience d’une bâtisse ; il en montre la fabrication laborieuse.

De Copenhague à New York : la formation de Bjarke Ingels et la naissance de BIG

Bjarke Ingels est né en 1974 à Copenhague, ville où l’eau, la brique et la bicyclette organisent depuis longtemps le quotidien urbain. Il étudia d’abord à l’Académie royale danoise des beaux-arts, puis compléta sa formation à Barcelone. Cette double expérience compte : la rigueur constructive scandinave y rencontrait une ville méditerranéenne plus dense, plus minérale, où l’espace public se négocie à chaque angle de rue.

Avant de fonder sa propre agence, Ingels œuvra au sein de l’Office for Metropolitan Architecture de Rem Koolhaas. À Rotterdam, l’enseignement était celui du diagramme : une forme ne se justifie pas seulement par son apparence, mais par les forces qui l’ont produite — flux, usages, programme, règlement. Cette méthode, Bjarke Ingels l’adapta à une expression plus directe, presque narrative, capable d’être comprise hors du cercle des professionnels.

PLOT, laboratoire de formes habitables

En 2001, Bjarke Ingels fonda PLOT avec Julien De Smedt, architecte belge né en 1975. L’agence s’imposa rapidement sur la scène danoise grâce à plusieurs concours et distinctions, dont le Forum’s Architecture Prize en 2005 et le Copenhagen Municipality’s Architecture Prize en 2006. Ces récompenses signalaient moins un effet de mode qu’une capacité à répondre à la crise du logement collectif par des volumes moins conventionnels.

Le projet VM Houses, achevé à Ørestad en 2005, donnait déjà la mesure de cette recherche. Ses plans en V et en M visaient à dégager des vues et à rompre avec la répétition des barres résidentielles. Dans ce quartier neuf au sud de Copenhague, les façades vitrées captaient une lumière froide et nette, tandis que les balcons triangulaires individualisaient les logements. La question n’était pas seulement plastique : comment donner à chaque habitant une relation identifiable au ciel, au paysage et à la rue ?

Après la dissolution de PLOT, Bjarke Ingels fonda BIG en 2006. Le nom, facilement mémorisable, participe à une stratégie assumée de communication. Pourtant, l’agence ne réduit pas le design à un emblème. Elle publie en 2009 Yes Is More, manifeste conçu comme une bande dessinée et préfacé par l’architecte britannique Norman Foster. Les bulles et les dessins y servent à expliquer les projets avec une clarté rare dans ce domaine. Le livre annonçait une posture : rendre les débats sur la ville compréhensibles sans les simplifier à l’excès.

Cette volonté rapproche Bjarke Ingels d’une lignée d’architectes qui ont cherché une langue publique. Le parallèle avec Jules Hardouin-Mansart, maître d’œuvre d’une autre époque et d’autres commanditaires, trouve ses limites, mais il rappelle qu’un architecte agit toujours dans un système de représentation. L’ouvrage consacré à Jules Hardouin-Mansart et son rôle dans l’architecture française montre combien le pouvoir de la forme dépend aussi d’un réseau de décisions, de métiers et de finances.

À partir de 2012, Bjarke Ingels s’installa en partie à New York. Ce déplacement ne fut pas un abandon de Copenhague, mais l’ouverture d’un second centre de gravité. BIG disposait alors d’une agence capable de répondre à des programmes américains où le logement, la résilience climatique et la visibilité urbaine se trouvaient étroitement liés. La trajectoire de Bjarke Ingels se lit donc moins comme une ascension solitaire que comme la croissance réglée d’un atelier devenu international.

Mountain Dwellings et 8 House : l’architecture contemporaine comme récit d’usage

À Ørestad, les Mountain Dwellings se distinguent de loin par une pente artificielle couverte de terrasses. Achevé en 2008, cet ensemble mêle environ 80 logements à un vaste parking, dont la façade évoque une montagne himalayenne par une image imprimée à grande échelle. Le parti pouvait paraître spectaculaire. Il répondait néanmoins à une difficulté très précise : superposer deux programmes habituellement séparés sans condamner les appartements à une position secondaire.

BIG plaça le stationnement dans un socle élevé et fit grimper les habitations en gradins. Chaque logement bénéficiait ainsi d’une terrasse ouverte, avec une profondeur de vue plus généreuse que dans un immeuble traditionnel. La pente construite traduisait une idée fréquemment associée à Bjarke Ingels : plutôt que choisir entre deux fonctions, les faire coopérer. Cette méthode relève de ce que l’architecte nomme « l’utopie pragmatique », formule qui associe ambition sociale et contraintes de chantier.

Le chiffre 8 comme plan urbain

Le 8 House, livré en 2010 à Copenhague, prolonge cette réflexion à une échelle plus vaste. Long d’environ 500 mètres et dessiné selon la silhouette d’un huit, l’ensemble rassemble logements, commerces, bureaux et équipements de proximité. Une rampe continue permet de parcourir les différents niveaux à pied ou à vélo. Le projet emprunte à la fois à l’immeuble collectif et au village, sans prétendre effacer leurs différences.

La promenade intérieure constitue le cœur du dispositif. Au lieu d’enfermer les habitants dans une juxtaposition d’étages, BIG organise une continuité. Les portes, les paliers et les terrasses se font face, ce qui peut favoriser les rencontres mais impose aussi une certaine exposition au regard des autres. Cette ambivalence est importante : l’innovation spatiale ne produit pas mécaniquement du bonheur. Elle propose des conditions de voisinage que les habitants s’approprient, ou non, selon leurs habitudes.

Dans Big Time, ces réalisations danoises forment l’arrière-plan concret de l’expansion internationale. Elles expliquent pourquoi la parole de Bjarke Ingels fut entendue au-delà du Danemark. Ses projets se racontaient en quelques gestes : une montagne habitée, un huit praticable, une cour devenue piste. Mais une formule claire n’est viable que si elle supporte l’épreuve des normes, des évacuations, de l’acoustique et du coût. C’est là que le travail collectif de BIG prend tout son sens.

Projet Lieu et date Principe de conception Enjeu urbain
VM Houses Ørestad, 2005 Plans anguleux et balcons individualisés Donner des vues et de la lumière aux logements collectifs
Mountain Dwellings Copenhague, 2008 Logements en terrasses au-dessus d’un parking Superposer les usages sans sacrifier l’habitat
8 House Ørestad, 2010 Parcours continu en forme de huit Mêler habitat, commerces et circulation douce
VIA 57 West New York, 2016 Bloc en tétraèdre autour d’une cour Adapter l’immeuble à la lumière de Manhattan

Cette grammaire formelle s’inscrit dans une histoire plus large des distinctions internationales. Les débats suscités par les lauréats du prix Pritzker, notamment dans le portrait consacré à Liu Jiakun, lauréat du prix Pritzker 2025, rappellent que l’architecture ne se juge pas seulement à sa silhouette. Elle se juge aussi à sa capacité à accueillir des usages ordinaires et à s’inscrire dans une ville existante.

À Ørestad, le vent circule encore entre les façades et les jeunes plantations. Ce détail météorologique vaut davantage qu’un slogan : les formes de BIG ne prennent réellement sens que lorsqu’elles rencontrent des habitants, des vélos, des saisons et des usages répétés.

VIA 57 West et Two World Trade Center : les grands projets de Bjarke Ingels à New York

Sur la rive de l’Hudson, VIA 57 West forme une pyramide asymétrique dont l’un des angles semble avoir été découpé pour laisser entrer le jour. Livré en 2016 pour le groupe Durst Organization, cet immeuble résidentiel de Manhattan tranche avec la verticalité régulière des tours voisines. Bjarke Ingels le qualifiait de « courtscraper », mot-valise désignant une tour qui conserve le principe de la cour intérieure.

Le terme importait moins que le problème résolu. Dans les îlots denses de Manhattan, les appartements orientés vers l’intérieur risquent de manquer de lumière tandis que les tours isolées offrent peu de véritable espace commun. VIA 57 West combine une hauteur suffisante pour dégager des vues sur l’Hudson et une cour plantée, protégée des vents. Sa façade métallique reflète les nuances grises du fleuve et du ciel ; le projet introduit un relief nouveau dans la trame orthogonale de l’ouest de l’île.

Une ville à protéger plutôt qu’un objet à admirer

À New York, BIG s’engagea aussi dans le programme BIG U, élaboré après l’ouragan Sandy d’octobre 2012. Ce vaste plan de protection contre les submersions concernait le sud de Manhattan. L’idée n’était pas de dresser une digue aveugle, mais d’intégrer la défense contre les eaux à des parcs, à des équipements sportifs et à des lieux de rencontre. Une infrastructure pouvait-elle devenir un morceau de ville désirable ? C’est précisément la question posée.

Le secteur de l’East River, avec le projet East Side Coastal Resiliency, illustre les difficultés d’une telle ambition. Les travaux, les arbitrages sur les arbres existants et les attentes des riverains ont montré qu’un dispositif de résilience n’est jamais uniquement technique. Il modifie les cheminements quotidiens, les vues, les habitudes de quartier. L’urbanisme de Bjarke Ingels se confronte ici à une réalité plus rude que l’image séduisante d’une terrasse ou d’un diagramme.

Le Two World Trade Center occupe une place particulière dans Big Time. Commandité dans un site chargé par l’histoire du 11 septembre, il imposait une retenue autant qu’une ambition. La proposition révélée par BIG en 2015 composait une succession de volumes empilés, orientés vers le mémorial au sud et vers Tribeca au nord. Elle cherchait à répondre à deux voisinages, deux échelles et deux mémoires urbaines.

En 2026, il convient de distinguer le projet dessiné de la tour construite. Le site du 2 World Trade Center demeure inachevé, et le concept de BIG n’a pas franchi l’étape du chantier. Ce décalage éclaire utilement le film de Kaspar Astrup Schröder. Le cinéma saisit un moment de promesse, lorsque l’image de synthèse et la maquette font croire à une présence imminente. Or une architecture n’existe publiquement qu’après les financements, les autorisations, les appels d’offres et les années de chantier.

Les grands projets américains ont ainsi élargi le répertoire de BIG tout en révélant ses limites. Une agence ne maîtrise jamais seule le destin d’une tour ou d’une digue. Elle propose des formes, orchestre des savoirs et défend des scénarios ; la ville, elle, demeure une œuvre collective, traversée par l’économie et la politique.

Big Time, créativité et santé : ce que le film documentaire révèle du métier d’architecte

Dans une séquence de Big Time, Bjarke Ingels parle face à la caméra avec une retenue qui contraste avec l’assurance de ses conférences publiques. Les difficultés de santé survenues pendant cette période rappellent que l’agence, les voyages et les concours ne sont pas des abstractions. Le corps de l’architecte, soumis à l’urgence et au déplacement, devient lui aussi une donnée du récit.

Kaspar Astrup Schröder ne fait pas de cette épreuve un épisode secondaire. Il montre comment l’activité de conception, souvent racontée comme un privilège intellectuel, exige une disponibilité presque continue. Des réunions à Copenhague répondent à des échéances new-yorkaises ; un concours réclame des images convaincantes avant même que toutes les solutions techniques ne soient stabilisées. La créativité est ici collective, mais elle reste organisée autour d’une figure dont le nom concentre les attentes.

La « durabilité hédoniste » à l’épreuve des usages

Bjarke Ingels défend depuis plusieurs années l’idée d’une « durabilité hédoniste ». L’expression refuse d’opposer la responsabilité environnementale au plaisir de vivre. Une centrale de valorisation énergétique peut accueillir une piste de ski, comme CopenHill à Copenhague, inaugurée en 2019 ; une protection contre les inondations peut prendre la forme d’un parc. Le principe est séduisant parce qu’il donne à voir les équipements habituellement cachés.

CopenHill, ou Amager Bakke, est à cet égard un cas révélateur. L’usine traite les déchets et produit de l’énergie pour le réseau urbain, tandis que son toit accueille des usages sportifs. Mais l’architecture ne dispense pas d’interroger le modèle de consommation qui alimente l’usine. La leçon n’est pas qu’une forme expressive résout un problème écologique ; elle rend ce problème visible et propose de l’inscrire dans la vie quotidienne. Cette nuance donne davantage de force au projet qu’une simple image publicitaire.

Le film documentaire devient alors un outil critique. En suivant Bjarke Ingels entre 2009 et 2016, Schröder montre que le succès international ne tient pas seulement à une audace formelle. Il dépend de la faculté de parler aux investisseurs, aux élus et aux habitants avec le même dessin. Cette capacité médiatique peut simplifier les débats, mais elle peut aussi ouvrir l’architecture à des publics qui en étaient tenus à distance.

La bibliographie de Bjarke Ingels confirme ce goût de la transmission visuelle. Dans Hot to Cold: An Odyssey of Architectural Adaptation (Taschen, 2015), l’agence classe ses réalisations selon les climats plutôt que selon les pays. Ce choix rappelle que les matériaux, la ventilation et les usages changent entre Copenhague, Doha ou New York. Dans Yes Is More (Taschen, 2009), la bande dessinée rendait déjà ce raisonnement accessible par le trait.

En 2026, l’intérêt de Big Time tient donc à son refus d’une image lisse du métier. Le film montre des maquettes nettes, des rendus soignés et des ambitions mondiales, mais aussi les appels tardifs, les hésitations et l’anxiété. Sur un écran, la tour projetée paraît déjà debout ; dans l’atelier, il reste une feuille annotée, une tasse refroidie et la nécessité de recommencer le dessin.

Qui a réalisé le film Big Time consacré à Bjarke Ingels ?

Le documentaire a été réalisé par le cinéaste danois Kaspar Astrup Schröder. Il a suivi Bjarke Ingels et les équipes de BIG durant sept années, de 2009 à 2016.

Quand Big Time est-il sorti en France ?

Big Time est sorti dans les salles françaises le 2 mai 2018, après une première diffusion danoise en 2017.

Qu’est-ce que la durabilité hédoniste défendue par Bjarke Ingels ?

Cette idée consiste à associer performance environnementale et plaisir d’usage. CopenHill, centrale énergétique de Copenhague dotée d’une piste de ski sur son toit, en est l’exemple le plus connu.

Le projet Two World Trade Center de BIG a-t-il été construit ?

Non. La proposition de BIG, dévoilée en 2015 pour le site du World Trade Center à Manhattan, n’était toujours pas réalisée en 2026.

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